Agenda culturel diffusant toute l’actualité des spectacles, du cinéma, théâtre, des concerts, expositions, festivals, région par région, mois par mois, à Rabat

Mustapha Amnaine
Ville : Marrakech

Mustapha Amnaine

Né en 1957 à Marrakech, Mustapha Amaïne devient enseignant d’arts plastiques après ses études. Il forme et sensibilise à l’art et à la couleur plusieurs étudiants qui deviendront par la suite des noms connus de la scène picturale nationale.

 

Aux côtés de Mohamed Boustane, Nourreddine Daïfallah, Ibrahim Hanine et Larbi Cherkaoui, Amnaïne a participé en 2009 à la 2ème exposition universelle des arts calligraphiques à Marrakech, avec pour thème principal, “Prière sur le Prophète”.

 

Œuvre

 

L’univers pictural de Mustapha Amnaïne est fait de toiles baignant dans une lumière particulière. Les couleurs sont utilisées comme fond pour souligner la beauté de la forme des lettres.

 

Des touches denses, perspective profonde, couleurs chatoyantes. Mouvement, fluidité et intensité de vie. C’est de cela que l’artiste veut revêtir ses lettres.

 

Loin d’être de simples supports d’une toile, les lettres sont aussi et surtout les piliers d’une parole sacrée. A l’instar de l’homme, elles reçoivent le message divin et sont donc susceptibles d’exprimer toutes les réalités, y compris celles constitutives du monde humain. Comme chemin de connaissance mais aussi de réalisation intérieure, les lettres permettent le passage de l’indicible à l’exprimé, de l’invisible au visible, de l’intime à l’intelligible.

 

«Pourquoi les lettres seraient-elles condamnées à porter éternellement le deuil? Ma vision m’impose de les revêtir d’un habit de bonheur et degaieté.»

(Mustapha Amaïne)

 

Bibliographie

• www.artek.fr/galerie/peinture/amnaine.html


Photo : M. Amnaïne, Envol des lettres, 2000-2009, acrylique sur toile marouflée, 100 X 60 cm. Collection privée.

 

Cette biographie a été gracieusement mise à disposition par Dounia Benqassem, auteur du Dictionnaire des Artistes Contemporains du Maroc aux Editions Africarts.
Le dictionnaire est disponible en librairie, il est également possible de le commander en appelant le: 06 61 37 42 46. 

 

INFORMATION RAJOUTEE PAR MUSTAPHA AMNAINE:

 

Né le 14 Février 1957 à Marrakech

 

Vit et travaille à Marrakech

 

1975 – 1979 – Diplomé de la section des arts appliqués

 

1979 – 1981 – Formation au ( CPR ) Section des arts plastiques de Rabat

 

1981 – 1985 – Professeur des arts plastiques

 

1985 – 1986 – Formation des professeurs de 2ème cycle des arts plastiques à l’école normale supérieure de Rabat.

 

1986 – Professeur des arts plastiques au lycée Hassan II – Marrakech

 

Avec ce corps de travail le primat est donné au signe tel qu’il est récurrent, omniprésent dans notre culture. Mais l’usage que l’artiste Mustapha Amnaine en fait interpelle le regard autrement, l’invitant à y aller de ce pas loin des sentiers battus pour lui reconnaître une légitimité somme toute plastique. Qu’il relève d’un quelconque code consacré dans notre culture, de la calligraphie ou d’un motif numismatique, le signe ainsi mis à profit dans son travail suggère plutôt qu’il ne donne à voir, tel un poème qui ne porte pas son nom mais qui rompt avec le sens pour un gain d’esthétique créant du coup une fission sémantique, une rupture déclarée -et néanmoins assumée- avec son entourage immédiat.

 

Par un jeu subtil de superposition, d’entrelacement et d’enchevêtrement des signes, une mise en espace s’en trouve agencée, divisant l’espace à proprement parler en verticale et en horizontale avec, ici et là, un dichotomie binaire faite de masse et de vide, de tension et de relâchement… les corps/signes ainsi créés vont au-delà du regard et ne se prêtent plus à aucune lecture, livrant ce regard à lui-même et lui intimant de créer son propre mode de réception. Ainsi présentée par endroits en masse compacte, presque stratifiée, à la limite de l’éclatement, il s’en dégage une propension à l’évasion.

 

L’artiste Mustapha Amnaine capture la dynamique du script et du signe, il allie la force de l'acte de transcription à cette urgence de projection comme dans un flux dynamique où tout est porté et teinté par des champs chromatique lumineux qu’un regard, tout regard, est en droit de prendre pour de l’espoir. La chromatie quoique dépouillée ne se départit pas d’une certaine douceur, toujours à l’œuvre, d’une toile à l’autre. La couleur participe de son côté à l’orchestration de la mise en espace précitée où le signe, jusque-là consacrée dans notre culture, prend un air nouveau, inédit que le regard se surprend à redécouvrir en lui une nouvelle légitimité qui tient à elle seule, par-delà le contexte initial du signe.