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Khalil El Ghrib

Né en 1948 à Asilah, Khalil El Ghrib enseigne l’arabe à Tanger. L’artiste plasticien expose rarement. Ses oeuvres ne sont ni datées ni signées et ne sont pas à vendre et quand elles rentrent dans des collections publiques ou privées, c’est par le biais de donations. El Ghrib n’accepte pas de rentrer dans la logique du marché.

 

Même si l’artiste n’accepte pas de montrer son travail, des expositions collectives et individuelles, au Maroc et à l’étranger, ont été réalisées grâce à ses amis, Edmond Amran El Maleh et Mohamed Achaari. Sa première exposition remonte à 1965 à Tanger puis à Rabat.

 

Il vit et travaille entre Asilah et Tanger.

 

Œuvre

 

Khalil El Ghrib accumule, dans son atelier à Asilah, des cartons de toutes sortes, des papiers, des emballages d’oeufs, des bois recouverts de mousses et de lichens, des objets glanés au hasard de ses pérégrinations dans les rues et au bord de la mer, objets rejetés par les hommes ou les vagues qu’il  laisse se décomposer. Ses travaux sont réduits au minimum, adjonction de ficelles, cartons enduits de chaux sans forme préalablement voulue, que l’humidité de la pièce fera craqueler en des brisures.
 

Par ce recouvrement il offre un avenir à une matière asphyxiée par son passé et son vécu, avenir éphémère certes, puisqu’il s’appliquera même à y introduire des éléments susceptibles d’en accélérer la transformation par le temps, comme des larves d’insectes qui finiront par la détruire.

 

Khalil El Ghrib parle toujours de ses oeuvres usant des termes «production» ou «travail».

 

Cet artiste travaillé par l’usure du temps, éprouve une fascination insoutenable pour tout ce qui menace de se décomposer. Il empêche la matière de disparaître complètement en l’introduisant dans un environnement qui favorise sa purulence et la régénérescence de nouvelles formes de vie. L’intervention de l’artiste a trait surtout au choix des matières.

 

Sa peinture ne répond à aucune intention allégorique ou symbolique. Elle est toute intérieure, annonce de l’absence, des lointains, elle est le silence et l’attente.

 

«Mon inclination à la mort frôle l’obsession. Je n’en saisis pas les raisons profondes. Mais je pense que cela est lié au milieu dans lequel j’ai été élevé. Il n’y avait pas d’opposition entre la vie et la mort, mais une relation indéfectible.»
(Khalil El Ghrib)

 

Bibliographie

 

Coudre le temps, éditions de la maison d’à côté 2007 (Livre et film documentaire)
• Edmond Amran El Maleh Khalil El Ghrib ou la pauvreté d’Asilah Editions Le Fennec 1998
• Revue Horizons maghrébins 1997 Itinérances n° 33/34 1er trimestre
• Edmond Amran El Maleh, L’oeil et la main. La pensée sauvage édition 1993

 

Filmographie

 

Du sensible et du parfum d’ange de James Sacré Editions Tarabuste 2006 (Documentaire)
Le Maître de la chaux, de Bernard Collet Perfect production 2002 (Documentaire)


Photo : Kh. El Ghrib, Sans titre, non daté, pain, fil de fer, tissu et peinture. Collection de l’artiste. © Hafid Jender.

 

Cette biographie a été gracieusement mise à disposition par Dounia Benqassem, auteur du Dictionnaire des Artistes Contemporains du Maroc aux Editions Africarts.
Le dictionnaire est disponible en librairie, il est également possible de le commander en appelant le: 06 61 37 42 46.