Agenda culturel diffusant toute l’actualité des spectacles, du cinéma, théâtre, des concerts, expositions, festivals, région par région, mois par mois, à Rabat

Accueil > Tous les événements > Conférences / Rencontres > Conférence > Kader Attia et Jalil Bennani : Contrer la dépossession par le virtuel

Kader Attia et Jalil Bennani : Contrer la dépossession par le virtuel

Conférence


Conférence et projection avec Kader Attia et Jalil Bennani, le mardi 18 juin à 19h00 à la salle Gérard Philipe

 

Sur le thème : Contrer la dépossession par le virtuel.
Projection d’un essai cinématographique suivi d’un débat avec la salle.


Avec le développement de l’intelligence artificielle, nous entrons en connexion avec des machines, des programmes, des êtres invisibles. Tels des fantômes, ils peuvent nous suivre, nous guider, nous administrer. Un certain déterminisme, des répétitions des conduites et même des addictions peuvent s’en suivre.

Mais le désir inconscient peut refuser la dépossession des pensées et des corps. Car si la machine exécute des codes précis, le psychisme peut répondre à l’imprévu, étant ouvert à l’inconnu et à la créativité. Lorsque les corps se connectent par le numérique et qu’ils sont orientés par des logiciels, ils deviennent des corps-machines. Mais ils peuvent réagir, résister à devenir des corps-objets en développant des symptômes, en entrant dans des communautarismes, en se révoltant par des violences.

Un autre monde invisible existe dans les mythes, les religions, les processus de magie, les phénomènes de possession. C’est le cas de la croyance aux jinns. Bons ou mauvais, ils sont censés habiter le corps, déclencher des maladies et influer sur les décisions. Leur nom se confond avec les notions de secret, d’obscurité, de mystère et d’étrangeté.

Comment s’articule le monde visible et le monde invisible aujourd’hui ? Où se fait le partage entre les deux mondes ? Comment se constitue la division et le rapport entre deux mondes ? Division vécue dans les corps et les esprits de façon différente selon les époques. Si l’imaginaire occupe une place considérable dans les nouvelles technologies et dans les pratiques traditionnelles, le rapport au sujet, au collectif, au corps, au langage est tout à fait différent entre les deux croyances. Alors que l’individu existant par le biais d’objets technologiques et de comptes virtuels est lié à un réseau de communication infini, son existence se définit dans la tradition par son appartenance aux ancêtres, à une famille, à un groupe social, à un espace géographique.

 

Kader Attia
Ayant grandi entre la France et l’Algérie, Kader Attia utilise l’expérience des différentes cultures pour nourrir une approche interculturelle et interdisciplinaire de son travail. Son enfance fut baignée dans un milieu cosmopolite et pluriculturel où les religions catholiques, juives et musulmanes se mélangeaient. Ses recherches l’ont conduit à la notion de réparation, concept qu’il a développé dans ses écrits et dans son œuvre. Il voit dans l’art un moyen d’expression et de réflexion sur les questionnements tels que la difficulté à vivre entre les cultures occidentale et orientale, l’islam comme repli communautaire, ou bien la relation complexe qu’entretient la culture dominante, celle de la consommation, avec l’identité réfractaire des pays émergents. Il utilise de nombreux moyens d’expression, qu’il choisit en fonction du sens qu’il donne à son œuvre. Depuis 2017, il dirige ̶L̶a̶ ̶C̶o̶l̶o̶n̶i̶e̶, un lieu qu’il a créé et qu’il dédie au partage : il accueille des événements militants en soutien à différentes causes communautaires et/ou minoritaires ethniques. Il fut lauréat du prix Marcel-Duchamp en 2016.

 

Jalil Bennani

Après avoir travaillé en région parisienne, notamment auprès de migrants maghrébins, Jalil Bennani s’est installé à Rabat en tant que psychiatre et psychanalyste au cours des années 1980. Il œuvre depuis cette date à la transmission de la psychanalyse. Sa double expérience clinique en France et au Maroc l’a conduit à des recherches sur l’approche transculturelle de la souffrance psychique, le bilinguisme, les incidences subjectives de l’exil et de la migration, la psychiatrie coloniale, les exclusions et les particularismes à l’ère de la globalisation. Tout récemment, à la demande du HCR, il a relaté le parcours de réfugiés au Maroc originaires d’une quinzaine de pays, afin de lutter contre les stigmatisations et les préjugés dont ils sont victimes. Proche du milieu littéraire et artistique, il a contribué à l’organisation de plusieurs rencontres nationales et internationales. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment Le corps suspect, Psychanalyse en terre d’islam, Traces et paroles (co-écrit avec Mohammed Kacimi), Un si long chemin, paroles de réfugiés au Maroc. Il fut primé à Vienne pour l’ensemble de son œuvre (2002) et a reçu le prix Grand Atlas à Rabat en 2013.

 

En partenariat avec Le Cercle Psychanalytique

 

Entrée libre




Affiner votre recherche

Tous les événements
 

Les incontournables

Lieu de culture

Théâtre, salle de cinéma, galerie d'art, musée etc..

Tous les lieux